Rorscharch Wall

Il s’agit d’une installation constituée de douze téléviseurs (43 pouces) placés à la verticale constituant un mur (deux téléviseurs de haut par six de large). La rangée de téléviseurs du bas est au raz du sol. Devant le mur de téléviseurs, le plancher est recouvert de panneaux d’acrylique noir dans lesquels se réfléchissent les téléviseurs et leur contenu.

Chaque moniteur diffuse une vidéo présentant une forme vaporeuse très contrastée, en noir et blanc avec des teintes de bleu marine. On dirait un nuage ou de la fumée dont la forme évolue très rapidement. Au bout de plusieurs secondes, la temporalité de la vidéo est inversée, ce qui donne l’impression d’un mouvement de gonflement, puis de dégonflement de la forme. Les téléviseurs diffusent les vidéos en synchronicité, mais celles-ci sont retournées symétriquement d’un écran à l’autre, comme si chacun des moniteurs était le miroir de son voisin. À ce simulacre de reflets s’ajoute le reflet réel du dispositif dans les panneaux d’acrylique, comme si au-dessous de la surface du plancher, celui-ci se dédoublait dans un miroir dont la couleur noire rappelle celle d’une flaque d’encre ou encore, d’une flaque d’huile. À ce dispositif s’ajoute un son que l’on pourrait associer à celui d’une respiration dont les séquences sont de la même dure que celui du mouvement alterné de la vidéo.

Les répétitions inversées et alternées de la vidéo, d’un moniteur à l’autre, puis dans le reflet des panneaux d’acrylique, deviennent un ensemble dans lequel se dissout l’élément référentiel de la vidéo (le nuage, la fumée, la vapeur), au profit d’un motif presque kaléidoscopique. Quelque Le titre Rorscharch Wall réfère aux fameux tests du même nom qui sont utilisés pour des évaluations psychologiques. Celui-ci consiste à montrer au patient des images constituées de taches d’encre noire symétriques, puis à être interprétées par celui-ci par un phénomène de diplopie. À travers les images abstraites, celui-ci est appelé à voir des éléments de figurations qui serviront à son diagnostic. Ce même phénomène était aussi utilisé par les dadaïstes dans un jeu qu’ils appelaient écrans paranoïaques.

Expositions

Centre Bang, Chicoutimi, Canada, 2020